Chaque énigme était accompagnée de plusieurs indices disséminés dans Siorac.
La première énigme donnait le cadre de cette balade :
Après la dernière pile, en
contrebas, le pont livre la première
réponse : garder uniquement le
nombre gravé au-dessus de 82.
Après la dernière pile du pont de Siorac, la plus éloignée, se trouve un escalier menant à la culée où sont visibles les différents niveaux des crues de la Dordogne au 20ème siècle :
Au-dessus de janvier 82 est gravé « DEC 44 », date à laquelle la Dordogne est montée environ 7 mètres au-dessus du niveau estival habituel. La solution était donc ce nombre gravé : 44.
La construction du pont de Siorac-en-Périgord s’inscrivit dans un vaste programme d’aménagement de la vallée de la Dordogne engagé au XIXe siècle. Une ordonnance royale du 4 août 1839 autorisa la réalisation de quatre ponts à Siorac, Domme, Groléjac et Campagne. Ces ouvrages devaient faciliter les déplacements, les échanges commerciaux et le transport des productions agricoles entre les deux rives de la rivière.
Avant leur construction, la Dordogne était principalement franchie à l’aide de bacs, dont l’utilisation dépendait fortement du niveau de l’eau et des conditions météorologiques. Le pont de Siorac devait donc rendre la traversée plus sûre et plus régulière. Son financement reposait notamment sur la perception d’un droit de péage payé par les piétons, les cavaliers, les véhicules et les propriétaires de bétail.
La construction du premier pont, adjugée en 1841, fut cependant confrontée aux violentes crues de la Dordogne, dont une première, en 1844, causa d’importants dégâts. Malgré ces difficultés, l’ouvrage fut officiellement achevé le 16 août 1846 mais ce premier pont ne résista que quelques années. Le 26 novembre 1849, une nouvelle crue particulièrement puissante provoqua en effet son effondrement. Selon les récits locaux, il aurait été emporté en moins de six minutes sous l’effet du courant, des matériaux charriés par la rivière et de l’affouillement de ses fondations.
Après la fin de la procédure judiciaire en 1853, la réalisation de l’ouvrage actuel fut confiée à Charles de La Verrie de Vivans, entrepreneur et concessionnaire installé dans la région de Saint-Cyprien. Ce second pont, construit en pierre et conçu pour mieux résister aux crues, comporte sept arches principales et s’étend sur 184 mètres. Ses piles massives sont équipées d’avant-becs destinés à diviser le courant et à limiter les chocs provoqués par les arbres et les débris transportés par la rivière.
Le pont fut sans doute praticable dès 1855, mais sa réception administrative et son inauguration officielle n’intervinrent qu’en 1857.
Charles de La Verrie de Vivans fit également installer une statue de la Vierge associée au nouvel ouvrage. Appelée Notre-Dame du Pont de Siorac, elle mesurait 1,60 m hors socle et fut inaugurée le 4 octobre 1857.
Selon la tradition, une pierre rapportée du sanctuaire de Notre-Dame de Peyragude aurait également été placée dans la pile centrale du pont afin d’assurer symboliquement la protection du pont contre les crues.
La statue devint pendant plusieurs années un objet de dévotion et un lieu de pèlerinage.
Photo-montage réalisé par « Les Balades Mystères » :
Emplacement de la statue sur le pont de Siorac jusqu’à 1905 environ
Le système de péage fut progressivement remis en cause, notamment en raison de l’arrivée du chemin de fer, qui réduisit les recettes attendues par le concessionnaire. En 1903, le pont fut finalement racheté et transféré au département. La traversée devint alors libre pour les usagers.
La statue fut retirée peu après puis conservée par la famille de La Verrie. En 1936, elle fut réinstallée face au château de Gageac, où elle se trouve toujours.
La statue, actuellement face au château de Gageac
Photo-montage réalisé par « Les Balades Mystères » :
Réintroduction de la statue dans le paysage contemporain
(inspirée d’une photo d’époque prise par Antoine Carcenac)
Durant la Seconde Guerre mondiale, le pont fut miné afin de barrer si nécessaire l’accès à la ville. Les charges ne furent toutefois pas déclenchées.
Enfin, la diminution des hauteurs de crue observées à Siorac-en-Périgord depuis décembre 1944 s’explique par plusieurs facteurs. La construction après-guerre des grands barrages de la haute Dordogne, notamment l’Aigle, Bort-les-Orgues, le Chastang et Argentat, a contribué à modifier le régime du fleuve et à atténuer certaines crues. Leur rôle reste toutefois limité lors de très grandes crues, car leur capacité de stockage est insuffisante face à de tels volumes d’eau. La crue de décembre 1944 était surtout exceptionnelle par son contexte météorologique : pluies très abondantes sur une grande partie du bassin, sols saturés et fonte des neiges. À Siorac, les apports de nombreux affluents ont également joué un rôle déterminant.